Confesser (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XII e siècle. Dérivé de l'ancien français cunfes, du latin chrétien confessus, « qui avoue », participe passé de confiteri, « avouer ».

I. Avouer, reconnaître, admettre.
1. . Avouer en s'adressant à Dieu ou à un prêtre. Confesser humblement ses fautes, ses péchés. Pron. Se , avouer ses péchés à un prêtre, dans le sacrement de pénitence, en vue d'obtenir l'absolution. Par anal. Se à un ami, lui faire ses confidences.
2. Litt. Reconnaître pour vrai ce qu'on aurait préféré taire. Confesser son ignorance, ses erreurs. Confesser ses fautes, ses crimes. Confesser qu'on a eu tort, qu'on a échoué. Confesser la vérité.
3. Proclamer hautement une croyance religieuse, une conviction, en dépit des menaces, des persécutions. Confesser la foi de Jésus-Christ, sa foi en Jésus-Christ, Jésus-Christ.

II. Entendre en confession. Un prêtre qui confesse un grand nombre de pénitents. C'est le prêtre qui l'a confessé sur son lit de mort. Expr. fig., fam. et vieillie. C'est le diable à , c'est un aveu difficile à obtenir, une chose difficile à faire.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Reconnaître pour vrai. "Confesser la vérité. Confesser ce qui en est. Il est vrai, je le confesse. Il a confessé sa faute, son crime. Il confesse qu'il est vaincu. Il se confesse vaincu. Je vous confesse que j'ai tort."
"Confesser" JÉSUS-CHRIST, "Confesser la foi de" JÉSUS-CHRIST, Reconnaître que l'on est chrétien, faire profession publique de la foi de JÉSUS-CHRIST, jusqu'à s'exposer aux persécutions. Absolument, "Confesser de coeur et de bouche, de coeur comme de bouche."
Il se dit, par extension, de la Profession publique que l'on fait d'une croyance, d'une opinion. "Il confessa sa croyance en Dieu parmi les athées. Il osa sa foi politique en face des bourreaux."
Il signifie aussi simplement Déclarer, avouer. "Je confesse mon scepticisme à cet endroit."
Il signifie aussi Déclarer ses péchés, soit au prêtre dans le sacrement de pénitence, soit à Dieu seul dans quelque prière particulière. "Confesser ses péchés. Confesser ses fautes. Se à Dieu. Se à un prêtre. Vous avez fait telle chose, vous en êtes-vous confessé?" Lorsqu'on dit simplement "Se ," cela s'entend toujours de la confession sacramentelle que l'on fait au prêtre. "Il est allé se ."
Il signifie encore Ouïr un pénitent en confession. "Le prêtre qui l'a confessé. Un prêtre qui confesse un grand nombre de pénitents." Absolument, "Un prêtre qui ne confesse point, qui n'a pas les pouvoirs pour ."
Fig. et fam., "C'est le diable à ," se dit en parlant d'un Aveu difficile à obtenir et en général d'une Chose difficile à faire.
Prov., "Une faute confessée est à demi pardonnée," Une faute qu'on avoue en devient plus pardonnable.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Déclarer au tribunal de la pénitence. Confesser ses péchés.

 2   Avouer une chose, la reconnaître, en convenir. Confesser son erreur. Appliqué à la question, il confessa tout.
CORN.: « Il voit bien qu'il a tort, mais une âme si haute N'est pas si tôt réduite à sa faute »
RAC.: « Je ai tout, exils, assassinats, Poison même.... »
CORN.: « Mais après tout, il faut le , Tant de précaution commence à me lasser »
RAC.: « Non, il le faut ici à sa gloire, Son coeur n'enferme point une malice noire »
RAC.: « J'espère que bientôt la triste renommée Vous fera que vous étiez aimée »
BOSSUET: « Elle retire ses chers enfants, et confesse à cette fois que, parmi les plus mortelles douleurs, on est encore capable de joie »
    Fig. et familièrement. Confesser la dette, avouer un tort, convenir d'un fait qu'on voulait cacher.

 3   Faire acte public d'adhésion à une doctrine, à une religion. Il ne craignit pas de sa foi.
    Confesser Jésus-Christ, proclamer hautement la foi chrétienne en face de la persécution.
BOSSUET: « Ce n'est pas le sang transmis à une longue postérité qui fait fructifier l'Évangile ; mais c'est plutôt le sang répandu pour le »
MASS.: « Y a-t-il de la honte à votre saint nom ? »
J. J. ROUSS.: « Oser Dieu chez les philosophes »
    Absolument.
BOSSUET: « La religion dont le premier acte est de croire, comme le second est de »

 4   Confesser quelqu'un, se dit du prêtre qui reçoit la confession. Et absolument, ce prêtre dit la messe, mais ne confesse pas.
    Par extension, obtenir un aveu, un renseignement. On le mit avec un agent de police qui le confessa et sut tout ce qu'il fallait savoir.
PONS: « De m'avoir confessé ne te vante pas tant : Tel se croit confesseur qui n'est que pénitent »
    Familièrement. C'est le diable à , se dit d'un aveu ou d'un résultat difficile à obtenir.

 5   Se , v. réfl. Faire sa confession au prêtre. Il est allé se .
CORN.: « Et retomber demain dans les mêmes faiblesses Dont tu te viens de »
    Familièrement, se au renard, découvrir ses sentiments à une personne adroite ou fourbe qui en peut faire son profit et qui abuse de notre sincérité pour nous nuire. Locution tirée de l'ancien et célèbre poëme satirique du Renart, où en effet le renard se déguise en confesseur et mange son pénitent.
    S'avouer, se reconnaître.
CORN.: « Je ne veux plus, seigneur, me coupable »
CORN.: « Qui se confesse traître est indigne de foi »
D'ALEMB.: « Massillon lui en avoua la cause ; se confessa, comme le berger de la Fable, du petit grain d'ambition qu'il avait eu »

REMARQUE
    C'est une grosse faute de prendre pour un verbe neutre, et de dire : avez-vous confessé ? au lieu de : vous êtes-vous confessé ?

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Ronc. p. 175: À mout tost [il] la comanda [à un archevêque]
     Lai d'Ignaur: Quant toutes confiessées furent....
    XIIIème siècle
JOINV.: « Confesse-toy souvent, et eslis confession preudomme »
JOINV.: « Il y avoit tout plein de gens qui se confessoient à un frere de la Trinité »
    XIVème siècle
ORESME: « Et est celui qui est veritable et en vie et en paroles, et confesse ses bons faiz, et ne les fait ne plus grans ne plus petis que il sont »
ORESME: « Et se les autres choses prouvables sont ainsi lessées comme confessées »
ORESME: « Par aventure pourroit bien aucun dire et confessier que felicité est très grant bien »
BERCHEURE: « Il li sembloit que li Latin confessoient Rome estre le chief de l'empire »
    XVème siècle
COMM.: « Je confesse bien que tousjours en y a, en telles mutations, qui en ont joye.... »
    XVIème siècle
CALVIN: « Le translateur tant grec que latin a souvent pris ce mot de pour louer »
MONT.: « Son feu, je le confesse, est plus actif, plus cuisant.... »
MONT.: « Il n'en confesse que trop par ses vers »
MONT.: « Elle confessoit que ce soldat ne l'avoit encores pressée que de requestes »
MONT.: « Il me a, s'il parle en conscience, que.... »
MONT.: « Quand je me confesse à moy religieusement, je treuve.... »
RONS.: « Et quoy, Clymene, auras-tu point de honte De qu'amour soit ton vainqueur ? »
CONDÉ: « Et ceux qui seroient atteints et convaincus ou confessans [de protestantisme] leur faire donner la question, couper la langue, et brusler après à petit feu »

ÉTYMOLOGIE
    Provenç. confessar, cofessar ; espagn. confesar ; ital. confessare ; du supin confessum, de confiteri, avouer, de cum, et fateri, avouer.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Avouer, demeurer d'accord. "Confesser la vérité. Confesser ce qui en est. Il est vrai, je le confesse. Il a confessé sa faute, son crime. Appliqué à la question, il ne confessa rien, il confessa tout. Il confesse qu'il est vaincu. Il se confesse vaincu. Je soussigné reconnais et confesse avoir, etc. Je vous confesse que j'ai tort. J'ai tort, je vous le confesse, je le confesse."
Fig. et fam., "Confesser la dette," Confesser qu'on a tort, convenir d'un fait qu'on voulait cacher.
"Confesser" JÉSUS-CHRIST, " la foi de" JÉSUS-CHRIST, Avouer que l'on est chrétien, faire profession publique de la foi de JÉSUS-CHRIST, jusqu'à s'exposer aux persécutions. On dit absolument, "Confesser de coeur et de bouche, de coeur comme de bouche."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Déclarer ses péchés, soit au prêtre dans le sacrement de pénitence, soit à Dieu seul dans quelque prière particulière. "Confesser ses péchés. Confesser ses fautes."
Il s'emploie très-souvent, dans ce dernier sens, avec le pronom personnel. "Se à Dieu. Se à un prêtre. Il faut se au moins une fois l'an. Vous avez fait telle chose, vous en êtes-vous confessé?" Lorsque l'on dit simplement, "Se ," cela s'entend toujours de la confession sacramentelle que l'on fait au prêtre. "Il est allé se ."
Prov. et fig., "Se au renard," Découvrir son secret à un homme qui est intéressé à en tirer avantage contre nous.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie encore, Ouïr un pénitent en confession; et, dans ce sens, il est toujours actif. "Le prêtre qui l'a confessé. Un prêtre qui confesse un grand nombre de pénitents. Un prêtre qui ne confesse point, qui n'a pas les pouvoirs pour ."
Prov. et fig., "C'est le diable à ," se dit en parlant D'un aveu difficile à obtenir, et en général D'une chose difficile à faire.



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Avouer, demeurer d'accord. "Confesser la vérité. Confessez ce qui en est. Il est vrai, je le confesse. Il a confessé sa faute, son crime. On l'a appliqué à la question, il n'a rien confessé, il a tout confessé. Il confesse qu'il est vaincu. Il se confesse vaincu. Je soussigné reconnois, et confesse avoir, etc. Je vous confesse que j'ai tort. J'ai tort, je vous le confesse".
On dit figurément et familièrement, qu'"Un homme confesse la dette," pour dire, qu'Il confesse qu'il a tort.
On dit proverbialement, que "Quelqu'un se confesse au renard," pour dire, qu'Il dit ses secrets à un homme plus fin que lui, qui en tirera avantage.
On dit, "Confesser Jésus - Christ, la Foi de Jésus - Christ," pour dire, Avouer que l'on est Chrétien, faire profession publique de la Foi de Jésus-Christ, jusqu'à s'exposer aux persécutions. "Confesser de coeur et de bouche, de coeur comme de bouche".



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Confesser, signifie aussi, Déclarer ses péchés, soit au Prêtre dans le Sacrement de Pénitence, soit à Dieu seul dans quelque prière particulière. "Confesser ses péchés. Confesser ses fautes".
On dit aussi: "Se Confesser à Dieu. Se à un Prêtre. Il faut se au moins une fois l'an. Vous avez fait telle chose, vous en êtes-vous confessé?"
Lorsque l'on dit simplement, "Se confesser," cela s'entend toujours De la Confession sacramentelle que l'on fait au Prêtre.



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Confesser, signifie aussi, Ouïr un pénitent en confession; et en ce sens il est toujours actif. "Le Prêtre qui l'a confessé. Un Prêtre qui confesse un grand nombre de pénitens. Un Prêtre qui confesse bien. Un Prêtre qui ne confesse point, qui n'a pas les pouvoirs pour ".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Avouer, demeurer d'accord. "Confesser la vérité. Confesser ce qui en est. Il est vrai, je le confesse. Il a confessé sa faute, son crime. On l'a appliqué à la question, il n'a rien confessé, il a tout confessé. Il confesse qu'il est vaincu. Il se confesse vaincu. Je soussigné reconnois, & confesse avoir, &c. Je vous confesse que j'ai tort. J'ai tort, je vous le confesse."
On dit figurément & familièrement, qu'"Un homme confesse la dette," pour dire, qu'Il confesse qu'il a tort.
On dit aussi proverbialement, que "Quelqu'un se confesse au renard," pour dire, qu'Il dit ses secrets à un homme plus fin que lui, qui en tirera avantage.
On dit, "Confesser JESUS-CHRIST, Confesser la Foi," pour dire, Avouer que l'on est Chrétien, faire profession publique de la Foi de JESUS-CHRIST, jusqu'à s'exposer aux persécutions. "Ceux qui me ont devant les hommes," dit Notre-Seigneur, "&c. Confesser de coeur & de bouche, de coeur comme de bouche."



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi, Déclarer ses péchés, soit au Prêtre dans le Sacrement de Pénitence, soit à Dieu seul dans quelque prière particulière. "Confesser ses péchés. Confesser ses fautes."
En ce sens il est aussi réciproque. "Se à Dieu. Se à un Prêtre. Il faut se au moins une fois l'an. Vous avez fait telle chose, vous en êtes-vous confessé?"
Lorsque l'on dit simplement, "Se ," cela s'entend toujours de la Confession sacramentelle que l'on fait au Prêtre.



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi, Ouïr un pénitent en confession; & en ce sens il est toujours actif. "Le Prêtre qui l'a confessé. Un Prêtre qui confesse un grand nombre de pénitens. Un Prêtre qui confesse bien. Un Prêtre qui ne confesse point, qui n'a pas permission de ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

["Konfècé"; 1re lon. 2e "è" moy. 3e "é" fer.] 1°. Avouer. "Confesser" la vérité. 'Cela est vrai, je "le confesse". "Confesser sa" faute, "son" crime; "se " vaincu. Je "confesse avoir" reçu de M. tel, telle somme. Je vous "confesse que" j'ai tort.
- Dans toutes ces phrâses, "avouer" est d'un usage plus commun, excepté dans les quittances et déclarations.
- Pour les divers régimes, voy. AVOUER.
- 2°. En parlant~ du Sacrement de Pénitence, il se dit, et de celui qui déclâre ses péchés à un Prêtre, et du Prêtre qui entend sa déclaration. Dans le 1er sens, il se dit, ou avec le seul régime direct, " ses" péchés, ou avec la prép. "à", de la persone, et la prép. "de" (l'ablatif), de la chôse: "se à" un Prêtre aprouvé, "à" M. le Curé, "à" l'un de ses Vicaires, "au" Père tel, etc. "Se de" tous ses péchés: vous "êtes-vous confessé de" cette faûte? Vous "en êtes-vous confessée?" * Plusieurs lui font régir la prép. de la persone; je "me confesse de" M. le Curé. On leur répond: "M. le Curé n'est pas un péché".
- C'est une faûte grossière.
- En parlant du Confesseur, il "confesse" un grand nombre de persones; et neutralement, il "confesse" bien; il s'est trouvé mal "en confessant".
- 3°. Quand on dit simplement, "se ", on l'entend toujours de la Confession sacramentelle.
   On dit proverbialement, " la dette", avouer qu'on a tort.
- "Se au renard", faire confidence d'une afaire à un homme qui a intérêt de la traverser.
   CONFESSÉ, ÉE, participe. Il est adjectif dans ces deux phrâses du discours familier. 'C'est homme est mort "bien confessé", après s'être bien confessé, et avoir doné toutes les marques d'un bon Chrétien.
- Une "faûte confessée est à demi réparée"; une faûte qu'on avoûe en devient plus pardonable.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Avoüer, demeurer d'accord. "Confesser ingenuement, la verité. confessez ce qui en est. il est vray, je le confesse, il a confessé sa faute, son crime. on l'a mis à la gesne, il n'a rien confessé, il a tout confessé. confessez que c'est vous qui avez fait cela. il confesse qu'il est vaincu, il se confesse vaincu. je soussigné reconnois & confesse avoir, &c. Je vous confesse que je ne vis jamais rien de si beau".
En ce sens on le met quelquefois absolument & sans regime. "Si vous confessez, on vous pardonnera. si vous ne confessez, on vous donnera la question. il a confessé".
On dit fig. qu'"Un homme confesse la dette," pour dire, qu'Il confesse qu'il a tort.
On dit aussi prov. que "Quelqu'un se confesse au renard," pour dire, qu'Il dit ses secrets à un homme plus fin que luy, ou suspect, interessé, qui en tirera avantage.
On dit, "Confesser" . " la foy," pour dire, que L'on est Chrestien. "Faire profession de la foy sans craindre les persecuteurs. ceux qui me ont devant les hommes, dit nostre Seigneur, &c. Confesser de coeur & de bouche, de coeur comme de bouche".
Il signifie aussi, Declarer ses pechez avec repentance, soit à Dieu, soit au Prestre dans le Sacrement de penitence. "Confesser ses pechez. ses fautes".
En ce sens il est bien souvent neutre passif. "Il se confesse à Dieu. il se confesse à un tel Prestre. il faut se à Pasques. vous avez fait telle chose, vous en estes-vous confessé?"
Il faut remarquer, que lors que l'on dit simplement, "Se ," cela s'entend de la confession que l'on fait au Prestre.
Il signifie encore, Oüir un penitent en confession. En ce sens il est tousjours actif. "C'est luy qui m'a confessé. ce Prestre confesse grand nombre de penitents. il n'a pas permission de . ces Religieux ne confessent point. il confesse bien".




Emplacement dans le dictionnaire :

conference
conférence
conférencier
conférer
conferer
conferve
confès
confesse
confessé

confesseur
confession
confessionnel
confetti
confiance
confiant
confidemment
confidence
confident
confidentiaire
confidentiel




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